Interview de l'auteur

 

3 questions à:

Gilles Munier : « espion de l’or noir » !

"7 Jours" (Hebdomadaire - Rennes) du 24 avril 2009

 

Le rennais Gilles Munier, connu pour ses relations en Irak du temps de Saddam Hussein, vient de publier « Les espions de l’or noir »* qui traite des menées clandestines occidentales dans le Caucase et dans le monde arabe, de Napoléon 1er à la fin de la Seconde guerre mondiale. Outre l’inévitable Lawrence d’Arabie, il brosse le portrait d’une pléiade d’agents secrets sulfureux qui ont fait du pétrole l’énergie maîtresse du monde. Un document passionnant qui se lit comme un roman.

 

 

Q : Les « Espions de l’or noir » débutent avec l’expédition de général Bonaparte en Egypte. Pourquoi remonter si loin, à une époque où il n’était pas question de pétrole ?

 

R : Les espions sont des pions sur un  échiquier. Les défaites militaires de Bonaparte devenu Napoléon 1er, puis de Napoléon III, face aux Anglo-saxons ont permis à leurs agents secrets d’être en position de force au Proche-Orient lorsque Churchill a choisi le pétrole comme carburant de la flotte anglaise. Les dirigeants français de l’époque, inconscients ou corrompus,  les ont laissé faire. Les Américains sont ensuite entré dans le jeu. Les deux guerres mondiales étaient des guerres du pétrole, les Allemands les ont surtout perdues faute d’en avoir où d’accéder à ses sources. L’expédition de Suez, la guerre dite des Six jours, les guerres Iran-Irak et du Golfe aussi. Comme le disait un des fondateurs de l’OPEP, le pétrole est bien « l’excrément du Diable ».

 

Q : Vous avez effectué de multiples voyages au Proche-Orient et rencontré des dirigeants qualifiés de terroristes, n’avez-vous jamais craint d’être accusé d’espionnage ?

 

R : Toute la question est de savoir où commence et où finit l’espionnage. Du temps de la guerre froide, remettre aux Soviétiques les derniers horaires SNCF pouvait être assimilé à de l’intelligence avec l’ennemi. J’ai toujours agi selon ma conscience, selon l’idée que je me faisais de la France et de ses intérêts, sans trahir la confiance de mes interlocuteurs. Le Proche-Orient est un nid d’espions. Etre soupçonné d’espionnage fait partie du paysage. Quand on n’a rien à se reprocher, il ne faut pas s’inquiéter.

 

 

Q : Dans les années 70, vous avez séjourné symboliquement dans un camp palestinien, en 1990 vous avez fait libérer des otages français en Irak, vécu les guerres Iran-Irak et du Golfe, reçu des menaces de mort d’un fanatique pro israélien, enfin depuis 4 ans - après votre mise en examen, avec le patron de Total,  quelques ambassadeurs et Charles Pasqua, dans l’affaire « Pétrole contre nourriture » -  il vous est interdit de sortir de France, pourquoi n’avoir pas plutôt choisi de raconter vos aventures ?

 

R : J’ai été mis en examen par le juge Courroye pour avoir violé une résolution de l’ONU, et astreint de verser une caution de 50 000 euros. Je m’en serai bien passé, mais suis fier d’avoir lutté contre un blocus responsable de la mort de plus d’1,5 million enfants irakiens. L’interdiction de quitter la France me pose de graves problèmes financiers. J’ai du abandonner deux projets de livres qui nécessitaient des déplacements à l’étranger. Vivement le procès… et la liberté : avec Jacques Vergès, mon avocat, nous l’attendons de pied ferme.

 

Si « Les espions de l’or noir » se vend bien, j’envisage une suite. Quant à écrire mon autobiographie : encore faudrait-il que ma vie intéresse suffisamment de lecteurs pour la raconter. Je n’en suis pas persuadé.

 

* Editions Alphée-Koutoubia - 330 pages, avec photos, cartes et index – 22,90 euros

 

Envoi de "Les espions de l'or noir", dédicacé par l’auteur

France: Chèque de 28, 40 euros (22, 40 + 5,50 de port), à l’ordre de :

Amitiés franco-irakiennes

7, rue de Sarzeau -  35700 Rennes

(tarif sur demande pour les envois à l'étranger)

Table des matières de l'ouvrage:

http://espions-or.noir.over-blog.com/pages/Table_des_matieres-1282939.html